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5ème colloque International du réseau de socio didactique des langues

11 et 12 juillet 2012 - Université de Corse Pasquale Paoli - Campus Mariani, Corte

Faire société dans un cadre pluriculturel

L’école peut-elle didactiser la pluralité culturelle et linguistique des sociétés modernes ?

Dire que nos sociétés sont devenues linguistiquement et culturellement plurielles peut être aujourd’hui considéré comme un lieu commun. Or ce qui relève de la banalité du constat se heurte hic et nunc à une somme de représentations qui, historiquement constituées en discours sinon en tautologie, nient d’une certaine façon, sur un mode plus ou moins véhément, cet état de fait ainsi que son caractère inéluctable, conforté par la construction européenne et par la mondialisation.
Plus que l’hétérogénéité en soi, c’est sans doute l’idée même qu’elle puisse exister qui apparaît aux yeux de certains comme une sorte de révélation et de mise en demeure insupportables. Or, d’un point de vue diachronique, une homogénéité de ce type a-t-elle jamais existé en France ? Que l’on songe par exemple à la méthode directe d’Irénée Carré qui, à la fin du XIXe siècle, vise à apprendre le français aux petits Français, à l’exclusion, précise-t-il lui-même, de tous les dialectes et patois, alors que près de trois-quarts des petits natifs sont non francophones, sans parler des phénomènes d’immigration, parfois localement très importants en fonction des nouveaux besoins de l’économie industrielle en plein développement.
Si le rôle de l’école, de la langue nationale, du roman national est désormais bien cerné, si son efficacité au service de la trilogie langue/peuple/nation apparaît bien identifiée, la distance entre ce « bien commun » construit de toutes pièces, générant l’idée subséquente et partagée de son essentialité, et la réalité quotidienne se révèle à la fois source de tensions sociopolitiques, socioculturelles et d’un questionnement assez urgent relatif au vivre ensemble.
Ainsi, les langues et les cultures présentes au sein de la société, par conséquent de l’école, quelle que soit la place que celle-ci et celle-là leur concèdent, doivent-elles faire l’objet d’une réflexion collective inscrite dans la durée, à la fois soucieuse des problèmes théoriques posés et des solutions concrètes à envisager en termes d’ouvertures scolaire et sociale.
En somme, L’école peut-elle didactiser la pluralité culturelle et linguistique des sociétés modernes ? Ce qui peut se décliner au moyen des interrogations suivantes :
-  Comment accueillir la différence ? Comment la reconnaître sans la survaloriser ?
-  Combien de langues apprendre ? Dans quel ordre ? Selon quelles modalités ?
-  Dans le cas des enfants issus de l’immigration, comment les aider à intégrer la société d’accueil sans injonction de ressemblance ou de renoncement ?

Il s’agira donc, lors de ce colloque, d’envisager les langues et les cultures présentes dans la société comme des limes : à la fois frontière et chemin, le limes servait dans l’empire romain à délimiter le « monde civilisé » et celui des « barbares ». Avec le souci de retourner le sens premier du terme, la barrière fortifiée quasi insurmontable, pour récupérer in fine le contenu sémantique lié à l’idée de passage, de chemin vers…
Ainsi nous interrogerons-nous sur les conditions de reconnaissance de la pluralité culturelle et linguistique, d’une intégration raisonnée plutôt qu’imposée, à travers une réflexion théorique approfondie notablement corrélée à la relation d’expériences sociales et scolaires advenues.
4 axes pour des ateliers ou tables rondes sont proposés :
A) L’identité, la langue et le phantasme de l’unicité
B) Enseigner la variation : incantation ou réalité ?
C) Construire ensemble du sens dans la salle de classe : faire du commun avec ses différences ?
D) L’école du XXIe siècle au défi de la pluralité

11 et 12 juillet 2012 - Université de Corse Pasquale Paoli - Campus Mariani, Corte