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Accueil > Projets de recherche > Dynamiques des territoires et développement durable

- Axe 3 : Insularité et politique(s) : durabilités et mutations

Ressources humaines permanentes de l’axe :
Responsable : FAZI André (Maître de conférences en science politique)

CIUCCI Julien (Maitre de conférences – section 05), CLERC Olivier (Maitre de conférences – section 02), DETOTTO Claudio (Maitre de conférences – section 05), GRAZIANI Antoine-Marie (Professeur des Universités à l’IUFM de Corse - section 22), NOBLET Sandrine (Maitre de conférences – section 05), ROMBALDI Michel(Maitre de conférences – section 05), STORAÏ Christophe (Maitre de conférences – section 05), BOISTARD Eric (Maitre de Conférences associé - section 02), VALENTINI-CALENDINI Véronique (Maitre de Conférences associé)

Mots-clés : insularité, attractivité territoriale, transports, services publics, coûts de coordination, déséquilibres spatiaux, santé, lien social, institutions, action publique territoriale, conflits.

Malgré les moyens considérables qui leur sont alloués, les politiques d’aménagement du territoire, qu’elles soient communautaires, nationales et régionales, sont loin d’avoir réellement satisfait à leurs objectifs d’équité territoriale.
Les territoires insulaires (ou périphériques) demeurent souvent confrontés à des déficits économiques et sociaux majeurs, et à de fortes contraintes de développement (démographie, accessibilité, etc.). Parallèlement, les déséquilibres territoriaux internes s’intensifient, du fait de la littoralisation de la population et des activités.
Or, ces phénomènes et contraintes ne peuvent être substantiellement corrigés ni par l’économie marchande ni par l’économie publique. Les défauts d’incitation économique ne permettent pas à la première de répondre efficacement aux déséquilibres. La seconde, dans l’actuel contexte de réduction des dépenses publiques, ne semble pouvoir accroître son domaine d’application et paraît tout aussi impuissante. Cette double incapacité est, d’une part, significative de la permanence et de l’instabilité des relations centre-périphérie, qui sont elles-mêmes de puissants facteurs de conflictualité sociale et politique (Bartolini, 2005). D’autre part, elle porte à envisager les processus de développement en considérant les ressorts historiques, socio-économiques et institutionnels spécifiques aux îles.
Le premier thème privilégié est celui de l’attractivité territoriale et des rapports centre-périphérie. La distance physique demeurant un facteur-clé de l’organisation spatiale de la production, l’organisation des transports, vis-à-vis de l’extérieur comme d’un point de vue interne, reste une question-clé. Si la Nouvelle Economie Géographique consacre la redispersion des activités comme faisant suite à la baisse des coûts de transport[7], une thèse récente (Noblet, 2010) souligne l’importance des coûts de coordination dans les relations clients-fournisseurs et les freins que ceux-ci représentent dans la localisation de certaines phases de processus productifs. Concomitamment, il s’agira d’évaluer comment la déréglementation imposée au niveau communautaire influence le service public et contrarie les objectifs d’accessibilité et d’intégration économique promus au même niveau. S’agissant de la Corse, les données accumulées depuis 35 ans permettront d’analyser l’efficacité des dispositifs dits de « continuité territoriale ».
Parallèlement, la recherche reconsidère la capacité de développement endogène du territoire face à sa capacité d’attraction. En matière de potentialités environnementales, les collaborations possibles avec les autres axes du projet sont nombreuses. En matière de localisation des firmes, la recherche réévalue, à travers la formation du capital humain et les transferts de technologies, l’influence de la qualité générale de l’environnement économique face aux incitations classiques (fiscalité, etc.). En matière institutionnelle, la singularité des îles de l’Europe communautaire sera revisitée à l’aune d’un apparent paradoxe, consistant à vouloir compenser les handicaps spécifiques des îles tout en adoptant des politiques normalisatrices, notamment en matière de fiscalité indirecte.
Le second thème mis en exergue est celui des mutations du lien social en rapport avec l’évolution des modes de gouvernance. Il est corrélé à celui de la dimension qualitative de la croissance (Stiglitz, Sen et Fitoussi, 2009). Alors que la dimension économique du développement occupe une place hégémonique dans les réflexions et les pratiques, la relation entre lien social et développement territorial s’impose dans le contexte des territoires insulaires. En particulier, la recherche visera à mesurer la valeur ajoutée sociale des acteurs du tiers-secteur.
De façon plus générale, l’intérêt sera porté sur les transformations de l’action publique territoriale dans un contexte où l’État abandonne de plus en plus nettement son leadership (Faure, Négrier, 2007), jusque dans des domaines d’intérêt national tels que la santé. Cela a d’autant plus d’implications dans les îles méditerranéennes, longtemps gouvernées par la redistribution clientéliste. L’enjeu est celui de la capacité des classes politiques et des sociétés civiles à reconsidérer leurs rôles et à promouvoir des formes de gouvernance nouvelles, partagées et efficaces.