Lieux, Identités, eSpaces et Activités


Nos tutelles

CNRS Nom tutelle 1

Rechercher




Accueil > Rayonnement > Projets labellisés

MED-INN-LOCAL

Financement : Programme ANR TRANSMED 2012 Etudes Transdisciplinaires sur l’avenir de la Méditerranée

Partenaires : LMI Mediter, IRD, UMR GRED (Université Montpellier III) ; UMR LPED (Université Aix Marseille) ; E3R (Rabat, Université Mohammed V Agdal) ; LERMA (Université Cadi Ayyad, Marrakech) ; UR BICADE (Université de Manouba, Tunisie) ; UMR PACTE (Université de Grenoble) ; INRA Corte LRDE

Responsables scientifiques : Geneviève Michon (GRED IRD), Mohamed Berriane (E3R) et Bruno Romagny (LPDE).

Résumé du projet :

Dans le contexte contemporain de changement global, de mondialisation et de crises systémiques à répétition, les pays du pourtour méditerranéen sont engagés dans une période de mutations profondes et particulièrement rapides. Leurs espaces ruraux, et en particulier les plus marginalisés regroupés ici sous la notion d’« arrière-pays », objet central de cette proposition, connaissent des transformations importantes liées à l’envergure de ces mutations.
MED-INN-LOCAL se propose d’analyser ces transformations, en insistant plus particulièrement sur une des voies liées à l’accroissement des mobilités entre arrière-pays et espaces globalisés : la mise en avant et la valorisation économique, socioculturelle, territoriale ou politique des spécificités locales et des patrimoines ruraux à travers des dispositifs variés tels que les labellisations liées à l’origine et à la qualité, le développement de filières de produits spécifiques, ou les formes de tourisme alternatif. Ce faisant, nous chercherons à tester l’hypothèse émise par différents acteurs, à savoir que dans ces arrière-pays s’inventent et s’expérimentent de nouveaux modèles de développement durable qui pourraient conduire à une meilleure gouvernance des territoires et des ressources. Dans cette hypothèse optimiste, où authenticité et spécificité deviennent des supports de création de richesse et d’innovation, les arrière–pays qui ont échappé aux grandes transformations productivistes ne sont plus perçus comme des milieux arriérés et immobiles, mais au contraire comme des laboratoires d’innovation territoriale.

Nous proposons d’abord de mieux cerner cette notion de spécificité locale à partir de l’analyse des processus d’émergence et de transmission de ressources territoriales ou patrimoniales, puis d’évaluer les dispositifs qui valorisent ces ressources : filières de « produits de terroir », tourisme rural. Nous proposons aussi de comprendre comment cette question de la valorisation des spécificités locales modifie la dynamique des relations entre arrière-pays, « avant-pays » et Etat, dynamique dans laquelle se redéfinissent aussi bien les systèmes économiques locaux que les identités et les systèmes de gouvernance.
Notre approche scientifique est à la fois cumulative et comparative. Elle se situe à l’échelle régionale, et croise des travaux sur les arrière-pays des rives nord et sud qui impliquent des équipes françaises, marocaines et tunisiennes. L’adoption de ce point de vue régional et collaboratif permettra de mettre en perspective les enjeux de ces approches par les spécificités locales par rapport à des contextes culturels, politiques et socio-économiques contrastés. Nous questionnerons la durabilité des initiatives engagées au Nord et la pertinence de ces dernières lorsqu’elles sont adoptées au Sud dans le but de valoriser leurs diversités et d’initier une vraie dynamique de renouveau rural.

Notre approche confronte des approches théoriques et l’observation de dynamiques concrètes, dans une démarche résolument transdisciplinaire. Elle combine plusieurs échelles d’analyse complémentaires et articulées : celle des politiques publiques nationales et internationales, celle des projets de développement et celle des diverses formes locales d’action collective. Elle associe des champs de questionnement habituellement disjoints, à savoir (i) ceux qui s’intéressent aux spécificités locales et aux démarches qui les mettent en œuvre, et qui intègrent les notions de patrimoine et de ressources territoriales ; (ii) ceux qui traitent des relations entre arrière-pays et espaces environnants proches ou lointains à travers les questions du tourisme et des mobilités ; (iii) ceux qui s’intéressent aux gouvernances locales et aux relations entre sociétés locales et État dans les dynamiques des territoires et des sociétés.

Source : G. Michon
http://www.agence-nationale-recherche.fr/projet-anr/?tx_lwmsuivibilan_pi2%5BCODE%5D=ANR-12-TMED-0001