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Rencontres Universitaires Internationales « NATIONS, NATIONALISMES, NATIONALITÉS, MINORITÉS dans l’espace euro-méditerranéen 1903-1945 »

À compter de 1903, et pour un lustre, la Macédoine allait être déchirée par la guerre civile qui eut un aspect international du fait de l’envoi par les gouvernements grec, serbe et bulgare, de bandes organisées afin de soutenir les révoltés contre la Sublime Porte. En 1912, le déclenchement de la 1ère Guerre balkanique porte à incandescence la question nationale, celle des nationalités et des minorités dans un espace soumis depuis au moins un siècle, à des recompositions identitaires sur fond de désagrégation du domaine ottoman, « L’Homme malade de l’Europe » pour reprendre les termes attribués au tsar Nicolas Ier . De manière quasi-contemporaine (1911-1912), l’Italie se lance à l’assaut de la Libye, dans une volonté expansionniste de réalisation de la Quarta sponda, tout en réaffirmant ses visées irrédentistes sur la Dalmatie notamment. Ensuite, en situations coloniales, des mouvements d’émancipation d’audience et d’importance variables, remettent en question les formes de la présence européenne, voire cette présence elle-même ; on songera en particulier en Égypte aux partis Umma et Watan – tous deux créés en 1907 –, ou au mouvement des Jeunes Algériens. Enfin, à l’intérieur même des grandes puissances européennes, des mouvements revendicatifs à caractère essentiellement culturel et d’inégale importance, se font entendre en France (Corse, Occitanie) en Allemagne (Alsace-Lorraine), en Hongrie (Slovaquie), sans oublier l’Espagne (Catalogne, Pays basque).
En 1945, l’espace euro-méditerranéen sort totalement bouleversé du Second Conflit mondial qui vit se déchainer les nationalismes et les haines nationales attisées par le fascisme, le nazisme ou des régimes autoritaires (Horthy en Hongrie) et des mouvements totalitaires (Oustachis en Croatie, Croix fléchées en Hongrie, Garde de Fer en Roumanie). Il s’ensuit un remodelage ethnique de la carte de l’Europe d’une intensité inconnue depuis le Moyen-âge. L’irruption de la Guerre froide va « geler » – avant d’instrumentaliser – une grande partie des questions liées aux nationalités et aux minorités. Quant au monde colonial, les secousses qui ébranlent la domination européenne n’en sont pas moins grandes de Sétif à Kherrata. Dans le même temps, la question palestinienne s’inscrit définitivement à l’agenda politique. Enfin, de la Corse à l’Alsace, les compromissions des mouvements autonomistes avec l’Italie fasciste ou l’Allemagne nazie semblent enterrer définitivement toute idée d’expression identitaire, fut-elle simplement et vaguement culturelle.
L’objectif de ces Rencontres Universitaires Internationales est de s’interroger sur les différentes notions de nations, nationalismes, nationalités et identités dans ce trentenaire pour le moins troublé à travers des études de cas comparatives, englobant les approches historiques, politiques, culturelles et littéraires ; le tout, dans un espace euro-méditerranéen particulièrement marqué par ces problématiques, dont une partie sont toujours à l’oeuvre aujourd’hui. On songera notamment aux discours et pratiques sur les origines des peuples et des formations politiques dans les pays de l’Europe Centrale et Méditerranéenne qui présente et éventuellement renforce les mythes d’origine, les traditions identitaires qui influencent même de nos jours les croyances et les mentalités collectives des sociétés, leurs histoires, leurs traditions et leurs pratiques politiques.
Il s’agira également de poser les jalons d’une réflexion élargie à la période suivante, lors d’un colloque à l’université de Szeged, en mai 2016, sur le thème : « Nations, nationalismes, nationalités, minorités dans l’espace euro-méditerranéen de 1945 à nos jours » ; offrant ainsi une vision cohérente et structurée de ces questions, voire des éléments de réflexion pour les acteurs politiques. L’aspect pluridisciplinaire permettra d’approfondir certains concepts, d’aborder les questions sous des angles parfois méconnus ou minorisés (sports, pratiques de loisirs, question de genre etc.) Ceci dit, il ne saurait être question de chimérique exhaustivité, ni de couvrir l’ensemble de l’espace euro-méditerranéen, néanmoins en proposant des comparaisons sur le long terme, ces deux manifestations scientifiques permettront d’offrir une vision cohérente de ces questions.