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Parutions 2018

L’île mystérieuse
Alexandra W. Albertini et Jacques Isolery(dir.)

La notion d’« île mystérieuse » n’est certainement pas réductible au mystère de l’île. On aurait alors vite bouclé le tour de l’île et du sujet… s’il suffisait d’effectuer celui du texte. Le champ d’investigation se laboure donc métaphoriquement dans son rapport au(x) mystère(s) tout comme le texte dans sa relation aux indices, aux ellipses mais aussi à sa part de mutisme. Il est certain qu’il se passe toujours quelque chose de bizarre dans une île mystérieuse où même la trop belle évidence factuelle semble masquer quelque autre réalité plus profonde, plus “vraie”, plus fondamentale. La spécificité qu’entretient l’île avec la rationalité dans sa confrontation à l’irrationnel, au fantastique, au merveilleux peut emprunter différents chemins. Et dans la mesure où le mystère pose sans cesse la question de l’altérité, l’île mystérieuse est aussi interrogée sous l’angle de l’identité et de la quête ontologique. Qu’est-ce qui relie entre elles ces îles réelles ou imaginées, passées ou actuelles ? Monstres ou trésors, le mystère qu’elles cèlent renvoie d’abord à l’homme, leur dénominateur commun. Parce que l’homme rêve l’île, l’écrit pour se (re) trouver ou pour se fuir. De l’île des morts à celle des vivants, c’est inévitablement son île intérieure avec son archipel de contradictions et d’ambivalences qu’il explore ou revisite ou même exorcise.

La Grande Guerre vue de Méditerranée
Sous la direction de Marc Cheymol et Eugène F.-X. Gherardi

Les années qui suivent le conflit mondial de 1914–1918 sont des années d’intense création dans tous les domaines, de la littérature au cinéma en passant par les arts plastiques. En témoignent non seulement les oeuvres littéraires inspirées par le conflit et les échos qu’il a suscités dans des oeuvres romanesques de plus large portée, mais aussi les divers mouvements que l’on réunit sous l’appellation « d’avant–gardes » (Dada, futurisme, surréalisme…), qui entretiennent avec le conflit des relations directes, où se croisent fascination et répulsion. Sans revenir sur ces oeuvres–phares, sur l’histoire de ces mouvements, ni sur leurs figures de proue, qui ont fait déjà l’objet de nombreux travaux, l’Università di Corsica Pasquale Paoli (UMR CNRS 6240 LISA), le Cunsigliu di a Lingua Corsa et l’association Italiques ont préféré s’intéresser, à l’occasion du centenaire de 1914–1918, à « La Grande Guerre vue de Méditerranée : représentations et contradictions ». C’est l’occasion d’interroger à la faveur d’une démarche comparative les formes idéologiques, littéraires ou artistiques que prennent les réactions à la guerre dans l’espace méditerranéen. La Grande Guerre a réorienté pensée et création, en concourant moins à l’émergence de courants nouveaux qu’à la naissance d’oeuvres singulières dans les domaines de la vie intellectuelle, de l’art et de la littérature, aussi bien dans des oeuvres littéraires reconnues comme telles que dans des textes de moindre ambition, publiés d’abord dans des revues ou dans des éditions éphémères.


Mythographie de l’étranger dans la Méditerranée ancienne
Sous la direction de Françoise Graziani et Arnaud Zucker

Ce recueil présente des études de cas sur les représentations de l’étranger et sur la place des mythes et des dieux étrangers dans le discours mythographique, du ve siècle avant J.-C. au xive siècle de notre ère. Il croise les points de vue de l’anthropologie, de la philologie, de l’histoire des religions, de l’égyptologie et de la littérature pour analyser comparativement la manière dont les anciens interprètes des mythes grecs et latins rendaient compte de diverses formes d’étrangeté. Il s’intéresse à la circulation des idées, au dialogue entre les langues et les cultures et aux hybridations dont les mythes ne cessent d’être le lieu.

LA PROPRIÉTÉ « ARBORAIRE » EN CORSE ET AILLEURS
Florence Jean

Le terme « arboraire » ne fi gure ni dans le dictionnaire de l’Académie, ni dans les autres mais l’expression « propriété arboraire » est cependant utilisée depuis plus d’un demi-siècle par les juristes et les historiens pour désigner la propriété d’un arbre distincte de celle du sol sur lequel il est enraciné. Cette propriété superfi ciaire est pourtant connue depuis l’Antiquité dans différentes régions du monde et notamment dans plusieurs pays d’Europe ainsi que sur les rives méridionales et orientales de la Méditerranée. Cette institution est présente en France et spécialement en Corse alors qu’elle ne bénéfi cie que d’une tolérance implicite fondée sur l’article 553 du Code civil. L’objectif de cet ouvrage est de la faire mieux connaître et suggérer une législation adaptée.


Pascal Paoli CORRESPONDANCE Nous sommes tous Corses, fils de la même patrie 1764-1765 VOLUME VII
Antoine-Marie GRAZIANI et Carlo BITOSSI

Au début de ce VIIe volume, Pascal Paoli reste persuadé que les Français ne viendront pas en Corse. La conquête presqu’achevée de l’île et la fin des combats avec les troupes génoises masquent le principal échec du Généralat, l’incapacité du gouvernement corse à installer la question corse dans un grand règlement international, comme le Traité de Paris, signé l’année précédente. Quelles que soient les avancées réelles des insulaires, cette absence s’avère très préjudiciable, les Corses continuant à apparaître comme des rebelles face au maître génois dont la domination sur l’île est reconnue internationalement. Le développement de la course dans cette partie de la Méditerranée crée de plus une crise avec la Régence de Toscane au cours du dernier trimestre de l’année 1764. L’arrivée des troupes françaises en décembre 1764 vient tout chambouler. Paoli remise l’idée de réaliser une nouvelle constitution discutée plusieurs mois auparavant. Il voit les Français relever les troupes génoises à Saint-Florent, alors que la place était sur le point de tomber aux mains des patriotes. L’officier mis à la tête de la garnison d’Ajaccio, le marquis de La Tour du Pin, neveu lui-même du marquis de Cursay, n’hésite pas à s’appuyer sur des dissidents, comme Jacques-Pierre Abbatucci. Parmi les principales mutations de la fin de l’année 1764, on trouve la création de l’Université de la Corse. C’est là un point fondamental du programme paoliste qui est mis en oeuvre : Paoli compte sur son université pour fournir les cadres nécessaires à l’administration de l’île, notamment à l’intérieur des Magistrati où il est régulièrement obligé de réclamer aux titulaires qu’ils restent en place au détriment de la bonne gestion de la Corse. Commence avec le gouvernement français un jeu du chat et de la souris, Choiseul proposant à Pascal et à Clément Paoli de commander un nouveau Royal Corse dont le colonel serait Mathieu Buttafoco, un officier rentré au service de la France et qui remplace désormais l’envoyé précédent de Choiseul, Missy de Valcroissant avec lequel Paoli avait signé un accord en 1763. L’heure est déjà à la nostalgie avec le décès du chevalier Baldassari, son ami et proche collaborateur, qui donne l’occasion en novembre 1764 à une lettre magnifique du Général où il peut affirmer que « les dangers qui se rencontrent au service de la patrie sont les compagnons inséparables du devoir et de la gloire ». Une fois de plus apparaissent les moteurs de l’action paoliste : la liberté et la gloire.


Hécube d’Euripide Introduction, traduction en vers français et commentaires
Bruno Garnier

Le présent ouvrage off re une traduction inédite de la tragédie d’Euripide Hécube, en plaçant le texte grec en regard du texte français. Cette traduction se veut une défense et une illustration de la traduction poétique de la tragédie grecque ; elle prend donc une place déterminée dans une longue série de traductions de cette oeuvre et vise à relancer le processus de sa réception littéraire. Dans la langue grecque du Ve siècle avant Jésus-Christ, comme dans la littérature dramatique française, de la Renaissance au siècle de Victor Hugo, la versifi cation remplit une fonction consubstantielle à la tragédie et au drame romantique. La forme poétique produit des eff ets immédiats sur le lecteur ou le spectateur, par ces contraintes familières et par de soudaines variations de rythme et de sonorités au sein d’une versifi cation immédiatement reconnue comme un marqueur du genre. La prose académique ne prétend pas rendre la dimension musicale du vers grec. Or le vers français est devenu, depuis les romantiques et grâce aux innovations des surréalistes, un instrument d’une incomparable souplesse pour traduire la poésie ancienne. Par ailleurs, Hécube entretient des correspondances étonnantes avec notre époque. Les anciennes valeurs sont interrogées, certains aspects de la démocratie sont critiqués, la conduite de la guerre, cruelle aux vaincus mais dont les suites sont redoutables pour les vainqueurs, la question des femmes dans un monde d’hommes, sont déjà posées. Hécube, qui fi gurait en tête de tous les recueils légués par l’Antiquité, a fait l’objet d’une réception dans la littérature française d’une richesse exceptionnelle, ainsi que d’une profusion de traductions qui en fait presque un musée de la traduction de la tragédie grecque en français. Pourtant, aucune ne s’était encore proposé de conjuguer forme poétique et précision philologique. Puisse le défi constitué par la présente traduction ouvrir de nouvelles voies tant pour la lecture de la tragédie grecque que pour l’exercice de sa traduction !

Jalons pour une histoire de la Corse de 1755 à 2018
Didier Rey

Ce modeste ouvrage ne prétend à rien d’autre que d’offrir à la lectrice, au lecteur, quelques repères dans l’histoire moderne et contemporaine de la Corse, lui permettant ainsi d’avoir une vision synthétique des différents enjeux sur les deux siècles et demi écoulés, puisque la période retenue s’étend de l’instauration du Gouvernement national, en 1755, à la naissance de la Collectivité unique, en 2018. Libre à elle, à lui, par la suite, d’approfondir ses réflexions par la lecture d’ouvrages plus spécialisés. Il s’adresse par conséquent autant à un public profane qu’à des lycéens ou des étudiants désireux d’acquérir une connaissance de base de l’histoire insulaire de la période. La forme privilégie l’abord chrono-thématique, le plus à même à rendre les enjeux des années concernées et, si nécessaire, leurs prolongements et leurs mutations jusqu’à nos jours. Certaines périodes sont abordées non seulement à travers un évènement ou un homme, mais aussi par l’intermédiaire, parfois, d’un objet dont l’analyse peut nous en apprendre beaucoup sur un moment de l’histoire insulaire et de ses contradictions, surtout si celui-ci est considéré comme « anodin ». Chaque fiche s’agence en un texte ne dépassant pas la douzaine de pages, suivie d’un renvoi aux thèmes connexes et d’une bibliographie adaptée au sujet traité, permettant ainsi à toute personne le désirant d’élargir la perspective.

ACTES DU COLLOQUE DE LEXICOGRAPHIE DIALECTALE ET ÉTYMOLOGIQUE EN L’HONNEUR DE FRANCESCO DOMENICO FALCUCCI
sous la direction de Stella Retali-Medori

En 1915 paraissait le Vocabolario dei dialetti, geografia e costumi e geografia della Corsica, premier dictionnaire du corse conçu par Francesco Domenico Falcucci (Rogliano 1835 – Laerru 1902) et édité, post-mortem, par Pier Enea Guarnerio. En octobre 2015, cent ans après la parution du Vocabolario, de nombreux chercheurs, jeunes ou confirmés, venant de plusieurs pays d’Europe, se sont rassemblés pendant trois jours à Corte, puis à Rogliano à l’occasion du Colloque de lexicographie dialectale et étymologique en l’honneur de Francesco Domenico Falcucci organisé par Stella Retali-Medori au sein de l’UMR 6240 LISA, et encadré par un Comité d’Honneur ainsi qu’un Comité Scientifique internationaux. Les actes du colloque, objets de cet ouvrage, rassemblent quarante-cinq communications — dont sept conférences plénières — qui se répartissent en sept sections : une première section a été consacrée à Francesco Domenico Falcucci et à son oeuvre, les six autres abordent divers aspects relatifs à la lexicographie dialectale et étymologique dans le domaine roman et particulièrement italo- roman.

Le Feu de l’Antiquité à nos jours en Méditerranée : entre savoir-faire et sacralité
Tony Fogacci

Le Séminaire de recherche corso-sarde (pluridisciplinaire : anthropologie, archéologie, histoire, littérature) qui a eu lieu en novembre 2017 à l’Université de Corse, proposait la thématique suivante : « Le Feu de l’Antiquité à nos jours en Méditerranée, entre savoir-faire et sacralité ». Cette publication a permis de réunir l’ensemble des contributions de ces journées d’étude. Cette année, c’était donc la thématique du feu dans les deux îles jumelles et en Méditerranée, qui était abordée lors de cette rencontre. Savoir-faire primordial, le feu dont la maîtrise est attestée dès l’aube de l’humanité, est à l’origine de nombreuses constructions mythologiques, et donne lieu à des rituels et croyances spécifiques. De nombreux chercheurs lui assignent un rôle de premier plan à la fois culturel et social dans la cohésion d’un groupe humain. Le paléoanthropologue Robert Ardrey liait déjà l’invention du feu à la chasse et au langage. La maîtrise du feu a permis la cuisson des aliments, le contrôle de la transformation de la matière, tout comme l’alchimiste contrôlait la transmutation des métaux. À travers ces espaces insulaires où l’on a noté une métallurgie très précoce, il s’agissait lors de ce séminaire de développer des analyses de recherche communes. Feu céleste et souterrain, feu destructeur, infernal, lumière sacrée, feu préservateur ou feu purificateur caractérisant les rites de passage, la thématique était large des techniques aux rites de mort et renaissance.


PERFORMANCES DE LA CULTURE ET INVARIANTS Sous la direction du professeur FRANÇOISE ALBERTINI

Cet ouvrage est le fruit de réflexions collectives menées lors des différents workshops internationaux qui se sont tenus depuis 2014 au sein de l’UMR CNRS LISA 6240 de l’université de Corse Pasquale Paoli. Le dénominateur commun à l’ensemble de ces contributions est la tension qui pointe entre deux concepts, celui de performance de la culture et celui d’invariant.