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Accueil > Projets de recherche > Dynamiques des territoires et développement durable

- Axe 2 : Tourisme soutenable en milieu insulaire

Ressources humaines permanentes de l’axe :
Responsable : FURT Jean-Marie (Maitre de Conférences - section 01)

CASTELLANI Michel (Professeur en Sciences Économiques à l’Université de Corse - section 23), DUMAS Perrine (Maitre de conférences – section 02), GIANNONI Sauveur (Maitre de Conférences - section 05), MARTEL Ludovic (Maitre de Conférences - section 19), MAUPERTUIS Marie-Antoinette (Professeur de Science Économique à l’Université de Corse, Directrice de l’UMR CNRS 6240 LISA - section 05), TAFANI Caroline (Maître de Conférences en géographie, aménagement de l’espace - sections 23/24), ALEXANDRE Dominique (Maitre de Conférences), BRETON Jean-Marie (Professeur émérite à l’Université des Antilles et de la Guyane, section 02), DEHOORNE Olivier (Maître de conférences à l’Université des Antilles et de la Guyane, section 23), PIERI Xavier (Maitre de Conférences associé, statisticien), VITTORI Jean-Emmanuel (Maîtres de conférences associés, section 27)

Mots-clés : soutenabilité, tourisme, insularité, spécialisation économique, cycles de vie touristique, impacts sociaux et environnementaux du tourisme, qualité de vie des résidents, stratégies des acteurs, occupation de l’espace.

Les territoires insulaires n’ont souvent pour choix que de se spécialiser dans le tourisme, exploitant au mieux une rente environnementale. Les effets macro-économiques de cette spécialisation en termes de bien-être, de croissance et de fluctuations ont été largement étudiés dans le précédent contrat par deux chercheurs de l’équipe et ont fait l’objet de plusieurs publications internationales (Logossah, Maupertuis, 2007 ; Giannoni, Maupertuis, 2007, 2008 ; Cerina, Giannoni, 2010 ; Giannoni, 2009) ainsi que d’un doctorat de sciences économiques (Giannoni, 2007). La spécialisation touristique, si elle crée de la richesse sur le court terme, produit sur le long terme des effets d’éviction, un accroissement de la dépendance extérieure et le plus souvent un phénomène de Dutch disease, à savoir la disparition progressive de compétences qui seraient mobilisables dans d’autres secteurs d’activité, une fois tarie la manne touristique. Un des résultats de l’équipe a été de montrer que seul le caractère cyclique de l’activité permet d’atténuer certains de ces effets et pourrait amoindrir aussi la pression sur l’environnement.
Parallèlement à ce travail théorique, les études de cas empiriques menées dans le cadre de l’opération TOSIC (Corse, Baléares, Crète) ainsi qu’une thèse de doctorat en géographie (Tafani, 2010) ont mis en évidence les effets du tourisme sur l’occupation de l’espace insulaire, notamment la concentration littorale des activités ou la concurrence foncière croissante entre agriculture et tourisme. Elles ont aussi mis en évidence la nécessité d’introduire dans l’analyse les impacts sociaux du tourisme : la dégradation de la qualité de vie des résidents est un thème largement repris dans les presses régionales insulaires ; les conditions de travail des salariés du tourisme interpellent les pouvoirs publics puisque cette activité « labour-intensive » est contrainte d’importer de la main d’oeuvre, le marché du travail insulaire étant trop exigu. Les interviews menées avec les professionnels et les responsables du tourisme en Corse, en Crète ou aux Baléares ont aussi révélé le poids que fait peser le caractère saisonnier de la fréquentation sur les décisions d’investissement public et privé et d’emploi de la main d’oeuvre. Il apparaît opportun d’approfondir l’analyse des effets du tourisme sur l’espace insulaire en focalisant l’attention sur deux dimensions : (i) la dimension spatiale et son corollaire environnemental (pressions sur les milieux et sur les ressources) ; (ii) la dimension temporelle et notamment la question théorique de l’interaction entre le double caractère cyclique (moyen terme) et saisonnier (court terme) et la soutenabilité de long terme de l’activité sur un plan économique (rentabilité des investissements), environnemental (préservation de la rente environnementale) et social (préservation de la qualité de vie et des compétences). L’analyse des irréversibilités engendrées par le tourisme devra faire l’objet d’une attention spécifique tant elle suscite de vifs débats au sein des sociétés insulaires. Afin de trouver des solutions pour réduire ou éviter les effets négatifs de l’activité, optimiser les aménités qu’elle génère et trouver la voie d’un tourisme intégré socialement, économiquement et spatialement, il convient d’organiser les efforts de recherche selon deux voies : (i) la compréhension des impacts induits par l’activité touristique (impacts sur l’espace et la société) ; (ii) l’analyse des stratégies des acteurs (demande touristique, offre des acteurs privés, politiques publiques) développées en matière de tourisme soutenable.
Sur un plan méthodologique, ces analyses s’appuieront sur la modélisation dynamique des interactions entre caractère cyclique et saisonnier et préservation de la rente environnementale, la mise en place de grilles d’indicateurs de soutenabilité et de qualité de vie appliquées à plusieurs destinations touristiques insulaires et infrainsulaires, une étude comparée des stratégies des acteurs publics. Le caractère finalisé de la recherche nous conduira à développer des projets opérationnels de développement touristique soutenable pour ces territoires (projet de SCOT, redéfinition de l’Observatoire du Tourisme de la Corse).