Chaire Paul Valery – Programme 2017

18 December 2016 par Catherine Walch
Sessions en Avril, Juin et Octobre 2017

Chaire ESPRIT MEDITERRANEEN Paul Valéry

PROGRAMME  2017

2017_Plaquette Chaire 2017

2017_DP_17_Chaire Esprit méditerranéen annata 2017

Thème de l’année : L’esprit des lieux

La Méditerranée est un lieu commun qui relie une multiplicité de peuples, de paysages, de langues et de systèmes de pensée. Les invités de la Chaire aborderont cette année la question des rapports entre nature et société de divers points de vue. Ils interrogeront la construction de l’espace urbain, les traditions populaires d’hier et d’aujourd’hui et l’équilibre géopolitique méditerranéen.

Session d’Avril : La cité médiévale, l’église et l’architecture de la société
Dominique Iogna Prat (CNRS)

Dominique Iogna-Prat, médiéviste, directeur de recherche au CNRS et à l’EHESS où il dirige depuis 2011 le Centre d’Etudes en sciences Sociales du Religieux (CESOR), s’intéresse en historien à la place des rites et des signes d’appartenance religieuse dans l’espace social et symbolique. Il a consacré à l’architecture des églises médiévales un livre qui a fait date (La Maison Dieu. Une histoire monumentale de l’Église au Moyen Age, Paris, Le Seuil, 2006) et son dernier livre (Cité de Dieu, cité des hommes. L’église et l’architecture de la société, PUF, 2016) met en parallèle la construction matérielle de la cité et les fonctions symboliques de la religion dans l’espace social moderne, en articulant les points de vue du Moyen âge et de la Renaissance avec les enjeux les plus contemporains.

Mardi 4 avril, Corte, Campus Mariani, salle DECA 003
14h. Séminaire Le mythe de Pierre : l’église et l’architecture de la société dans l’Occident médiéval (500-1500)

Victor Hugo a soutenu : « Dieu cela n’est pas tant que ce n’est pas en pierre/ Il faut une maison pour mettre la prière. » L’histoire de l’incarnation christique suffit-elle à expliquer la place de la pierre dans l’imaginaire des sociétés culturellement issues du christianisme ? En quoi l’Église – la communauté et l’institution nées de l’enseignement du Christ – poursuit-elle ce projet d’inscription de la chair dans la pierre ? Dans quelle mesure la parole de Jésus à l’un de ses apôtres, Pierre – « tu es Pierre et sur cette pierre je bâtirai mon Église » (Matth. 16, 18) – est-elle fondatrice non seulement de la « pétrification » de l’Église, mais plus généralement du poids donné à l’architecture et au bâti dans les mille et une façons occidentales de penser la société ?

Mercredi 5 avril, Corte, Bibliothèque Universitaire Desanti
10h. Table ronde avec les chercheurs de l’UMR LISA, animée par André Cancellieri et Vannina Van Cauwelaert

Jeudi 6 avril, Corte, Campus Mariani, Amphi Ribellu
14h. Séminaire La « nature » du paysage

L’humanisme a inventé, dit-on, le paysage en ouvrant l’art de peindre sur la perspective. Le rapport paysagé à la nature ancre-t-il l’humanité dans un monde autonome sans transcendance ? Le paysage « moderne » marque-t-il, au contraire, un réaménagement des rapports à l’au-delà par une redéfinition des voies d’accès à l’Esprit ? Est-on fondé, en somme, à parler de « paysage spirituel » ?

Vendredi 7 avril, Bastia, Auditorium du Musée
18h. Conférence (en partenariat avec la Dante Alighieri)
Léon Battista Alberti architecte : l’art de bâtir la vie civile

L’humanisme italien a-t-il inventé l’urbanisme ? L’œuvre de Leon Battista Alberti (1404-1472), architecte et théoricien du bâti, nourri à la fois d’Aristote et de Vitruve, propose une théorie du bâti et une théorie de la vie civile suivant laquelle on « construit » la société. De l’Église à la cité, l’Occident pré-moderne est passé d’un discours théocentré à un discours sur la ville propre à engendrer la cité.

Session de Juin : Les chants de la terre

Giovanna Marini (Ecole Populaire de musique du Testaccio, Rome)

Giovanna Marini qui aura 80 ans en 2017 est la mémoire vivante du chant populaire italien. Depuis plus de 50 ans, elle ne cesse de renouveler avec enthousiasme une oeuvre unique de transmission mêlant interprétation, création, recherche et enseignement. Titulaire de la chaire d’ethnomusicologie à l’Ecole Populaire de musique du Testaccio (Rome) dont elle est Présidente d’Honneur, elle est régulièrement invitée dans de nombreuses institutions européennes pour des concerts et master-classes, seule ou avec le Quartetto vocale qu’elle a créé en 1976. Elle compose des cantates, des opéras, des musiques de film, dans le souci de reconnecter tradition et modernité avec une totale fidélité à l’engagement social qui la définit. Chercheuse attachée à l’Istituto Ernesto De Martino, elle a collecté à travers les régions d’Italie une énorme quantité de chants (chants paysans et ouvriers, chansons politiques, rituels sacrés) et de récits populaires qu’elle a transcrit et qu’elle dit suivant la tradition des cantastorie. Amie de la Corse, où elle est souvent venue, elle est membre du comité d’honneur du Conseil scientifique de l’Associu di u Cantu in paghjella sous l’égide de l’UNESCO. Deux documentaires de FR3 Corse ont été consacrés à son oeuvre pionnière par Christian Lorre (Canta a memoria, 1995) et Marie-Laure Désidéri (La voix des invisibles, 2015). Un livre-CD retraçant les étapes de son parcours a été traduit en français chez Actes Sud en 2007 (Ignazio Machiarella et Giovanna Marini, Il Canto necessario).

Mardi 27 juin, PIGNA, Centre de Création Musicale Voce
11h. Atelier interactif de chant populaire animé par Giovanna Marini avec des chanteurs Corses

Mercredi 28 juin, CORTE, Campus Mariani, Amphi Ribellu
10h-17h. Cantà in paghjella : le sens de la recherche, Symposium du Conseil scientifique international de l’Associu Cantu in paghjella (Patrimoine culturel immatériel de l’UNESCO) sous la présidence de Giovanna Marini
20h. Concert de chants polyphoniques en l’honneur de Giovanna Marini

Jeudi 29 juin, CORTE, Campus Mariani, Amphi Ribellu
14h. Séminaire de Giovanna Marini, Voyager en chantant : écouter, collecter, transmettre
17h. Cantà a memoria, projection-débat du film de Christian Lorre (FR3 Corse, 1995), en présence de Giovanna Marini et du réalisateur.

Vendredi 30 juin et samedi 1er juillet
Festival de paghjelle dans les villages du Boziu et de Castagniccia, avec l’Associu Cantu in paghjella

Session d’Octobre : La Méditerranée élargie

Société Internationale des Historiens de la Méditerranée (SIHMED)
Pour sa session d’automne, la Chaire Esprit méditerranéen donne carte blanche à la Société Internationale des Historiens de la Méditerrannée (SIHMED) qui oeuvre depuis vingt ans à la diffusion des connaissances, à la collaboration scientifique et à la promotion de l’enseignement d’une histoire méditerranéenne “élargie”, c’est-à-dire perçue dans sa globalité et dans ses relations au monde.

  • La SIHMED tiendra à Ajaccio son congrès annuel organisé par Antoine-Marie Graziani (UCPP/UMR LISA), membre du Conseil de Direction, en présence de son président Nikolas Jaspert (Université de Heidelberg) et de sa vice-présidente Sylvia Marzagalli (Université de Nice et IUF).
  • Trois membres éminents de la SIHMED, spécialistes des équilibres géopolitiques méditerranéens, donneront des conférences exceptionnelles à  Bastia, Corte et Ajaccio

Mardi 3 octobre, Bastia, Musée d’Art de d’Histoire
18h. Conférence de Tuomo Melasuo : Les Pays Nordiques partenaires actifs dans le processus euro-méditerranéen depuis 1995

Tuomo MELASUO, professeur de sciences politiques à l’Université de Tampere (Finlande) a fondé et dirige le Tampere Peace Research Institute (TAPRI) consacré aux recherches sur la paix et le conflit. Il est en outre vice-président du MOST (Management of Social Transformation programme) à l’UNESCO, et membre du Conseil consultatif de la Fondation Anna Lindh, à laquelle est également associée la SIHMED. Ses recherches concernent les relations interculturelles et interlinguistiques, la coopération internationale et les questions socio-économiques.

Mercredi 4 octobre, Corte , Campus Mariani
10h. Table-ronde animée par Antoine-Marie Graziani :

Rencontre des professeurs Tuomo Melasuo et Lazslo Nagy avec les chercheurs de l’UMR LISA

Jeudi 5 octobre, Corte, Campus Mariani
14h. Conférence de Lazslo Nagy : La Méditerranée dans la politique extérieure de la Hongrie (époque moderne et contemporaine)

László NAGY, professeur d’histoire contemporaine à l’Université de Szeged (Hongrie) et au Centre d’études pour le Monde Arabe Moderne de Beyrouth (Liban), s’intéresse particulièrement aux questions liées aux minorités, à la décolonisation dans le sud de la Méditerranée, aux échanges transfrontaliers et aux changements d’équilibre géopolitiques après la Seconde Guerre Mondiale. Membre de l’Académie des Sciences de Hongrie ainsi que de plusieurs académies internationales, c’est aussi un fidèle ami de la Corse. Il est associé à divers partenariats avec l’Università Pasquale Paoli et a dirigé un livre d’hommage international au regretté Antoine-Laurent Serpentini (Mélanges Serpentini, Université de Szeged, 2014).

Vendredi 6 octobre, Ajaccio, Espace Diamant

18h. Conférence de Salvatore Bono, suivie d’un débat animé par Nikolas Jaspert, président de la SIHMED, et Sylvia Marzagalli, Vice-présidente : Une Méditerranée élargie

Salvatore BONO, professeur émérite de l’université de Pérouse (Italie) et fondateur de la SIHMED, est le grand spécialiste de la question de l’esclavage en Méditerranée à l’Epoque Moderne. Au cours de cette soirée il exposera les enjeux actuels d’une approche globale de l’espace méditerranéen et dédicacera son dernier ouvrage, Schiavi. Una storia mediterranea (XVI-XIX secolo) publié à Bologne en 2016.

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